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Les années de grande souffrance

Un choix de vie assumé

Du jour au lendemain, Bernard Marion se retrouve sans revenu. Il lui faut donc vivre de sa peinture. En pleine maturité, il se consacre pleinement à son art, parcourant le vieux Champlitte, y peignant aussi bien les façades ou les pans de mur délabrés que les édifices publics. Ainsi réalise-t-il des aquarelles qui témoignent d’une grande sensibilité et d’une grande maitrise picturale, en raison d’un dessin rigoureux, d’un assemblage de couleurs harmonieux et d’effets de lumière contrastés. Dès cette époque, Bernard Marion a le sens du détail et de la nuance. Mais les temps sont extrêmement durs, car vivre de sa peinture représente, pour tout artiste qui se consacre à sa passion, un véritable défi, surtout lorsqu’il ne bénéficie d’aucune aide familiale.

Un certain nombre de ses amis achètent le plus souvent pour de modiques sommes ses aquarelles, pour l’aider et parce qu’ils reconnaissent la valeur iconographique et artistique de ses œuvres, mais ils sont peu nombreux. Le peintre et sa compagne, Catherine Stein, s’installent – au 10 rue des prêtres – à Champlitte. A cette époque, ils  meurent de faim. Ainsi leur arrive-t-il de ne pas pouvoir s’alimenter pendant un voire même deux jours, tant qu’une aquarelle n’a pas été vendue ou qu’un ami ne les a pas invités à manger. La vie à deux devient alors insupportable et c’est d’un commun accord qu’ils se séparent, Catherine Stein devant regagner l’Allemagne pour des problèmes de santé. Ainsi Bernard Marion, après une première rupture spirituelle face à ses aspirations religieuses initiales, est-il contraint à une deuxième rupture, cette fois affective et sentimentale. Alors qu’il gardera toujours le souvenir ému de sa compagne. Il se retrouve alors seul ou quasiment seul pour assumer sa passion.