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Vocation précoce et double aspiration

Une famille modeste

thumbnailBernard Marion nait en 1935 dans une famille modeste. Son père est menuisier. Sa mère est ouvrière. Elle  travaille dans une usine de tissage du Haut-du-Them Château Lambert. Comme le souligne Pierre Rameau, la jeunesse du peintre se passe dans les Vosges Saônoises, au milieu des « massifs forestiers noyés de brume », source d’inspiration de certaines de ses plus belles aquarelles

Nostalgique, Bernard Marion l’était lorsqu’il se remémorait sa jeunesse dans cette région des Vosges qu’il connaissait jusque dans ses moindres détails, mais il savait en faire partager ses secrets, son attirance et ses souvenirs.

Haut-du-Them Château Lambert est situé en bordure de la forêt domaniale de Saint-Antoine, près du Ballon de Servance. En contrebas est le pays des Mille Etangs, qui semble-t-il, témoignerait de l’époque glaciaire. Comme l’écrit Pierre Rameau, la région est exceptionnelle par sa beauté et son caractère sauvage. Propice à la méditation et à la poésie, elle affectera l’homme et l’œuvre, rendant compte en partie du parcours duel, à la fois spirituel et religieux d’une part, et profane et artistique d’autre part, que le peintre tentera de réconcilier tout au long de sa vie.

Sa vocation semble avoir été précoce, puisque dès l’âge de 7 ans, il aurait réalisé une première aquarelle dans la menuiserie de son père.

Cette aptitude dès le plus jeune âge à reproduire ce qu’il voyait, cette transcendance survenue dans un milieu modeste manifestement non préparé à accueillir le don et le talent inné d’un des leurs, un talent qu’il sublimera au travers de l’ensemble de son œuvre, expliquent sans doute qu’il ait pu se sentir quelque peu différent – voire étranger – au sein de sa propre famille, et même – confidence oblige – qu’il se soit posé des questions au sujet de sa naissance, des questions auxquelles fort heureusement il répondait avec tact et humour.

La dualité et la complexité de ses aspirations se révèlent très tôt. C’est au Petit Séminaire Saint Colomban à Luxeuil, au Grand Séminaire de Faverney puis à celui de Besançon qu’il effectue ses études. Une photo de cette époque le représente où, après avoir pris le titre d’Abbé, il porte la soutane, alors que l’expression de son visage est empreinte d’ouverture mystique, comme touchée par la grâce, mais contrecarrée par l’austérité et le sérieux du regard.

Bernard Marion ne sera jamais ordonné prêtre car sa passion pour l’art est plus forte, mais restera toujours proche des Eglises, des Saints et de la religion.